La traduction automatique, ce n’est pas pour demain

Pour ceux d’entre vous qui s’efforcent d’apprendre une nouvelle langue, vous arrive-t-il parfois de vous demander si tout cela sert bien à quelque chose? Après tout, l’informatique fait des progrès tous les jours, entre autre, dans le domaine du traitement automatique de textes ce qui pourrait un jour rendre inutile ces efforts pour maîtriser une grammaire étrangère.

DARPA, sait on de sources diverses, travaille depuis longtemps sur des traducteurs portables que les soldats américains pourraient emmener avec eux lorsd’opération à l’étranger. Cela se comprend, après tout des langues relativement peu connues en occident comme le persan, l’arabe, le pashtun, ou encore l’urdu gagnent de l’importance dans les nouveaux théâtre d’opérations des États Unis mais aussi de l’OTAN.

Ensuite il y a les logiciels qui se vendent au entreprises et particuliers pour traduire documents en tout genre… pour ne rien dire des traducteurs en ligne dont Babel Fish est l’un des plus connus.

Seulement, traduire un texte est bien plus que traduire mot par mot. Il faut bien faire appel à un traducteur humain capable de faire passer l’humour, l’ironie, est maintes subtilités d’un texte à sa version traduite. Par exemple, “BillGates” ne se traduit pas “Bill Portes”, et “avocat” peut vouloir dire “légume” ou “juriste” selon le contexte.

Il est possible que des algorithmes assez subtiles pour déceler ces méta-discours finiront bien par être mis au point, mais qu’en est-il de textes qui sont vraiment intraduisibles? Des textes dont la langue elle même fait partie du message en question?

Un exemple pour illustrer ce que je veux dire: au tout début de la pièce Richard III, Shakespeare ouvre par un monologue qui sert à donner le contexte dans lequel se déroulera l’oeuvre. Richard lui même, annonce:

Now is the winter of our discontent
made glorious summer by this sun of York

En d’autres mots, la guerre est fini, l’hiver est fini, et nous voici sous le soleil de York… ou bien est-ce du fils de York, Edouard IV, frère de Richard et monarque en fonctions? Sur ce point, les mots de Shakespeare sont ambiguës, le mot parlé peut vouloir dire l’un ou l’autre. Je n’ai pas une traduction française du texte sous la main, mais vous voyez bien que ce genre de traduction de jeu de mots pose problème.

Comme quoi, les traducteurs automatiques ne remplaceront pas bientôt le plaisir de se plonger dans un littérature étrangère en version originelle.

Pour illustrer ce point, voici un petit film amusant:


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