Au XIX siècle le Chili gagna la Guerre du Pacifique. Peu connue en Europe, ce conflit déboucha sur la perte du Sud du Pérou et de la côte Bolivienne au profit du Chili. Le nerf de la guerre qui rendait ce bout de désert si intéressant est le nitrate dans son sol, engrais naturel de grande qualité et aussi ingrédient essentiel pour de nombreux explosifs.
Suivit au Chili une époque dorée (pour les riches et puissants) qui laissait derrière elle de nombreux palais néo-classiques à Santiago, et le souvenir d’une élite qui s’occupa à singer tout ce qui venait d’Europe.
Le nitrate était la base de l’économie, tout tournait autour de lui, et puisque cette richesse semblait inépuisable et généreuse, personne ne s’inquiétât de développer d’autres activités productives.
Pendant la Première Guerre Mondiale, le Chili déclara la guerre à l’Allemagne. La participation du Chili au conflit se limita à un embargo sur les ventes de nitrate à l’Allemagne, ce qui compliquât les efforts de cette dernière pour s’approvisionner en explosif. Hors, l’Allemagne à toujours compté sur une industrie chimique performante et dynamique. Ce fût ce génie chimique qui la sortit d’affaire avec la mise au point de nitrate artificiel.
Après la guerre, cet engrais artificiel mais au mêmes qualités que le nitrate chilien, et beaucoup moins cher, provoqua l’effondrement de l’économie chilienne. L’effet pour le Chili fût d’autant plus désastreux que la disparition de sa seule source de richesse coïncidât avec la dépression de ‘29.
Je vais où avec tout ça?
Pensez un peu à vos souvenirs d’école ou de fac. Un enseignant, et beaucoup d’élèves ensembles dans une salle. Un cours avec un seul contenu présenté de façon homogène pour tous. Les plus doués s’ennuient, les moins ont du mal à suivre, voire décrochent carrément. On ne cherche à développer que quelques compétences pour tous, quels que soient leurs talents ou capacités. Et puis, ils ont tous intérêt à pouvoir apprendre au moment ou le cours est donné. Tant pis pour ceux qui sont plus alertes le soir ou la nuit.
L’éducation nationale dans un pays est une importante ressource qui permet de mettre en valeur la matière grise des nouvelles générations. Bien sûre, il y a là un important aspect économique, mais la portée de l’éducation va bien plus loin. Des citoyens stimulés et cultivés sont des citoyens plus créatifs, plus sûrs d’eux même, plus généreux avec leurs pairs.
Hors, dans une époque dite de “l’immatériel” où le design et la conception de produits emporte la plus grande partie de la plus valus, ou les industries de création de contenus, de gestion et d’agrégation d’information, ou les “knowledge workers” sont les protagonistes l’éducation de l’ère industrielle avec son rouleaux compresseur destiné à produire des milliers de cervelles homogènes n’est plus d’actualités.
Je vous invite à visionner la vidéo suivante qui, me semble-t-il, décrit bien les limitations de l’éducation comme on la connaissait jusqu’à il y a peu.
Lorsque nous parlons de nouvelles technologies pour l’éducation, des usages du Web2.0, des podcasts et autres contenus personifiables et à distribution asynchronique, c’est aussi de possibilités pour développer un éventail bien plus grand de capacités individuelles, et de mettre en valeur non seulement les quelques facultés jusqu’à présent valorisées.
L’enjeu est grand, au niveau nationale et globale autant qu’individuel. Je me réjouis de voir des entreprises et des individus s’y intéresser, mais craint parfois que les pouvoirs publiques traînent.
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