web 2.0 et apprentissage de langues “rares”

Les américains jouent l’avenir de leur politique étrangère en Irak, et les technocrates et leaders à Washington qui font tourner la machine de la diplomatie et la défense américaine doivent s’en douter. Il est alors tout de même extraordinaire que le rapport Baker sur la politique en Irak relève le manque de compétences linguistiques du personnel qui travail dans l’ambassade américaine à Bagdad. Cette ambassade devrait être à la pointe de ce que Foggy Bottom et le Pentagone peuvent fournir en matière de ressources humaines, hors, sur mille employés qui travaillent dans ces mures, il n’y a que 33 qui parlent arabe, et sur ceci, seulement six le parlent couramment.

Les américains ne sont pas plus connus pour leur apprentissage de langues étrangères que les capacités des français pour parler l’anglais, mais cette petite anecdote révèle un des défis clés de la globalisation : la maîtrise de langues et la compréhension de cultures étrangères. Ces connaissances sont rares, et les besoins, ainsi que la demande explosent. On pourrait s’attendre à ce que cela se traduise par une hausse du prix de ces connaissances, une hausse de l’offre de formation et de matériels pédagogiques, bref, une dynamique qui entraînerait une diffusion des connaissances, comme ce qu’on a vu avec l’essor de l’informatique et le besoin croissant de savoir manier ces nouveaux outil.

Hors, les personnes qualifiées pour offrir ce genre de connaissances sont rares. Où trouve-t-on des gens qui non seulement parlent la langue, mais en plus sont des enseignants qualifiés ? Si un pays comme les États-Unis, pourtant première puissance mondiale, peut rencontrer autant d’ennuis à l’heure de chercher à se procurer se genre de compétences, qu’attendre d’autres pays, d’autres organismes, et surtout d’individus isolés ?

Se pose alors aussi le problème, que leur proposer ?

Le Chili, pays que je connais assez bien, connaît à l’heure actuelle un certain engouement pour le mandarin. Des cours apparaissent un peu partout comme des champignons, seulement, les profs manquent. Un jeune professeur de chinois formé en Chine sait bien qu’il sera très en demande en Europe et au États-Unis, où il trouvera aussi de meilleures possibilités de compensation pour son travail. Résultat : les écoles chiliennes de langue débordent d’immigrants chinois qui font des cours sans être des enseignants certifiés. Les résultats, comme vous vous en doutez sans doute, ne sont pas terribles…

Les quelques vrais enseignements de chinois que l’on peut trouver là bas sont arrivés très récemment, envoyés par le Beijing pour aider les quelques lycées chiliens qui ont des cours de chinois comme projet pilote, faire des cours à l’académie militaire, etc.

Ce que je veut vous montrez est que l’éparpillement de compétences linguistiques dans un pays comme le Chili ne peut se faire que très difficilement. Il y a le problème des ressources humaines (où et comment trouver des enseignants ?), du matériel (alors que les librairie en Allemagne, par exemple, un autre pays que je connaît plutôt bien, regorgent de livres simplifiés, de cours, et de matériel didactique, on ne trouve rien de la sorte dans les rayons de libraires chiliens), et puis finalement, il y a le problème des compétences de base qui facilite l’apprentissage de langues étrangères. Il est très commun qu’un européen parle deux ou trois langues étrangères, et cela le plus souvent assez bien. Au Chili, et aux États-Unis, même dans les centres de la culture (universités d’élite, cadres, grands chefs d’entreprises, etc.) les compétences linguistiques se font rares. Ce manque de connaissances en langues rend difficile l’apprentissage de nouvelles langues, et risque d’isoler ceux qui s’y intéressent.

De ces trois problèmes, le dernier est le plus difficile à résoudre. Il se manifeste au niveau d’une culture nationale, de structures à l’évolution lente est laborieuse.

Mais pour les deux premiers, Internet ouvre de nouvelles perspectives très prometteuses. Les podcasts permettent en effet de distribuer de cours à d’énormes pans de population, en les déplaçant dans l’espace mais aussi le temps. Désormais, il est possible de suivre une leçon d’une vingtaine de minutes lorsqu’on en a le temps, libre d’emplois du temps strictes auxquels plusieurs individus doivent trouver la façon de s’adapter.

Les podcasts et les dossiers accompagnant les cours étant des biens numériques, ils suivent les règles de l’économie numérique. Leur stockage est bon marché, leur production peut être onéreuse, mais une fois produits ils sont reproductibles à l’infini pour un coût zéro.

Finalement, le web 2.0, cette famille de nouvelles technologies qui font d’Internet non seulement un moyen de communication, mais un véritable outil pour soutenir des communautés malgré la distance physique des membres facilite le partage non seulement des connaissances à travers de forums, blogs et autres supports, mais aussi et surtout de partager l’enthousiasme.

Je pense que ce besoin d’acquérir de nouvelles compétences et de les distribuer à de grands groupes de la population sera un thème recourrant dans les temps qui viennent. Les technologies de l’information ont un rôle important à jouer dans la mesure ou elles permettent de gérer et de partager les connaissances.

En bref, ChinesePod a de beaux jour devant lui.

1 Response to “web 2.0 et apprentissage de langues "rares"”


  1. 1 amandine août 30th, 2007 at 7:54 pm

    bonjour,
    j’ai prévu un départ pour ds un semaine dans mon pays d’origine/ la centrafriqure. Je cherche, des livres et dico pour me réapprendre la langues/ Le sangho ou sango que j’ai oubliée. Merci de me contacter si vous avez une offre à faire.
    CORDIALEMENT. Amandiene

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