Voila plus d’une semaine que durent les désordres Tibet, pays autonome au point d’être pratiquement indépendant jusqu’aux années cinquantes où le régime de Béijing décida de reprendre ce territoire en main.
Il est difficile de se faire une idée précise de ce qui se passe au delà du constat qu’il y a des désordres et que les autorités chinoises ne sont pas connues pour leur retenue au moment de faire face à des manifestants (pensez à Tiananmen en 1989, année où une révolte à aussi eux lieu au Tibet). Les journalistes et autres étrangers au Tibet ont été priés de quitter les lieux, la seule exception semble être un correspondant de The Economist qui publie un récit et quelques photos. Plusieurs sites comme YouTube sont, encore une fois, bloqués en Chine.
Un blog sur l’Asie hébergé sur le site de The Economist donne un peu plus d’informations sur le contexte de ce conflit.
Le Monde, à lui aussi publié plusieurs articles assez bons sur ces nouvelles ainsi que des entretiens intéressants.
Ces violences viennent déjà ternir l’image de la Chine avant les JO de Beijing, mais une question importante est de savoir si ce genre d’émeutes de minorité mécontente peut se répandre à d’autres ethnies ailleurs qu’au Tibet (le Xingjiang, où vivent les Ouïgoures, par exemple). Une autre est de savoir quel sera l’impact de ces troubles sur le déroulement des JO où le gouvernement chinois voulait absolument montrer son meilleur côté. Y aura-t-il un boycott des jeux?
C’est, du moins, ce que prétend cette vidéo parue sur Real News selon laquelle le nombre de chinois sur le réseaux devrait passer celui d’américains dans les jours à venir. Ils seraient actuellement quelques 200 millions, un chiffre qui faitrêver les entreprises qui veulent partir à la conquête de ce nouveaux marché.
Une idée reçue sur la Chine veut que celle ci soit Communiste en théorie mais tout à fait Capitaliste en pratique. La vérité est bien plus complexe. La machine à exporter tourne grâce à de la main d’oeuvre issue de migrations internes. Pauvres et ignorants, ces ouvriers constituent souvent des proies faciles pour des employeurs sans scrupules.
Les us et coutumes de ce système d’emploi se sont mis en place très vite dans les dernières décennies, et les structures sociales n’ont pas toujours suivit, les lois ne se font souvent pas respecter et les droits des ouvriers ne s’applique que sporadiquement.
Mais, peu à peu, un tissu social d’ONGs et autres structures commence à ce mettre en place pour résoudre les conflits sociaux liés au monde du travail. Deux excellents articles parus dans Le Monde font un peu l’état des lieux dans la province deShenzhen, là où ce trouve une “zone économique spéciale” aux portes de Hong Kong.
Voici un bref reportage d’AlJazeera qui rappelle que les effets économiques des jeux olympiques ne sont pas ressentis par toutes les couches de la société chinoise. Rien de nouveau, en fait. Je m’attends à ce que ce genre de reportage se multiplie sur toutes les chaînes d’info à mesure qu’approchent les jeux, sans doute un effet secondaire de la présence de tant de journalistes sur place, encore sans grand chose à faire.Espérons que quelques bons reportage en sortiront.
Désolé pour ce silence qui se prolonge. J’ai mille chose à faire ces jours ci, la fin de l’année est plutôt lourde. Cela fait aussi longtemps que je ne parle pas avecVera, ma prof sur ChinesePod. On verra bien comment ce sera de reprendre après une pause si longue.
En attendant, je partage avec vous ce reportage d’Al Jazeera que j’ai trouvé intéressant. On oublie trop vite que la croissance fabuleuse de la Chine n’est pas une aubaine pour tout le monde.
Immensément peuplée, la Chine connaît un fort dynamisme économique qui se traduira sans doute en un grand appétit de consommation, ce qui devrait être un chance pour tout pays cherchant des débouchés pour ces exportations. Seulement, il faut savoir quoi vendre. La Chine est bel et bien gourmande de matières premières, d’où ses investissements importants enAfrique et en Amérique Latine, mais qu’en est il de l’Europe?
Un article intéressant et inquiétant de l’International Herald Tribune constate que la Chine semble importer de moins en moins d’Europe, et le taux de croissance de ses importations des USA et du Japon augmente plus lentement.
Il va falloir s’adapter pour profiter de la hausse du niveau de vie dans l’Empire du Milieu. Je ne pense pas que l’Europe puisse faire le poids en matière d’exportation de produits non-transformés, et la Chine est difficile à battre en matière de produits industriels, du faible coût de sa main d’oeuvre. Alors que reste-t-il? Sans doute y a t il des niches dans des services où la Chine manque encore de savoir faire.
Une chose est sûre, il est temps de repenser les relations économiques avec la Chine.
Tout le monde peut se tromper, même la Banque Mondiale. L’économie chinoise est apparemment plus petite que prévu… de 40!
Comment expliquer cette différence d’estimation? Ce n’est que très récemment que l’on fait des études exactes sur le niveau des prix en Chine, d’où un manque de données qui permettent de comparer les niveaux de prix et d’exprimer la valeur du PIB en dollars à parité des prix. Voici donc l’erreur corrigée. Il se trouve aussi qu’il y a un peu plus de gens qui se débrouillent avec moins d’un dollar par jour par personne pour survivre. 300 millions au lieu de 100 millions.
Comme le note cet article du Financial Times, cette économie plus petite et plus pauvre de la Chine peu bien expliquer le refus de celle ci pour réévaluer sa monnaie dans les brefs délais que voudraient la Fed et la BCE, et cela donne aussi une plus juste mesure du risque de déséquilibre interne et le potentiel de mécontentement qui risque de s’exprimer un jour defaçon violente au sein même de la société chinoise, dont le gouvernement affiche toujours la volonté de créer une société socialiste, au moins dans les discours.
J’en écrivais déjà il y a quelques semaines, mais voilà qu’une information publiée dans The Register vient nous rappeler à quel point le recours à ce genre d’instrument peut se révéler hasardeux.